
À la veille de la journée internationale des droits des femmes et à l’occasion des 50 ans de la promulgation de la loi dite Veil, Yannick Neuder, ministre de la Santé et de l'Accès aux soins, a visité le centre d’orthogénie installé au pôle Femme, Mère, Enfant du Centre Hospitalier de Troyes. En 2022, le CH de Troyes était retenu pour intégrer une expérimentation nationale permettant la réalisation d’Interruptions Volontaires de Grossesse instrumentales par des sages-femmes, en établissement de santé. En présence du ministre ont également été officiellement lancés les travaux de la future Maison des Femmes, permettant d’améliorer le parcours et la prise en charge des victimes de violences.
Depuis 2016, le champ de compétences des sages-femmes permet la réalisation d’Interruptions Volontaires de Grossesse (IVG) médicamenteuses. En 2022, le Centre Hospitalier de Troyes était le seul et unique établissement du Grand Est à être retenu par le Ministère de la Santé et de la Prévention, parmi 27 établissements, pour intégrer une expérimentation nationale permettant la réalisation d’IVG instrumentales par des sages-femmes, en établissement de santé*. À ce jour, près d’une centaine d’actes ont été réalisés par les deux sages-femmes du CH de Troyes, accompagnées des gynécologues-obstétriciens, depuis le lancement de cette expérimentation.
Ce projet s’inscrit dans une démarche de développement de l’offre de soin, en réponse aux besoins de santé locaux. Il témoigne également de l’engagement et de l’expertise des professionnels de l’établissement troyen en matière de santé féminine.
À l’hôpital Simone Veil, les sages-femmes :
- assurent l’ensemble des consultations pré et post-IVG (échographie, éducation à la contraception et santé sexuelle, repérage des violences)
- réalisent la prise en charge des IVG instrumentales au sein du bloc opératoire, avec le soutien des gynécologues obstétriciens
Le centre d’orthogénie du CH de Troyes assure également le renforcement du maillage territorial par la signature de conventions entre l’établissement et les praticiens libéraux désireux de s’investir dans la prise en charge des IVG médicamenteuses.
Par ailleurs, l’activité du centre d’orthogénie a été complétée de consultations en santé sexuelle et sexologie, afin d’accompagner au mieux les femmes et mères du territoire.
Dans le cadre du projet architectural porté grâce aux fonds du Ségur de la santé, le centre d’orthogénie du pôle Femme, Mère, Enfant doit être réhabilité et réaménagé. En complément, le pôle a obtenu le soutien du Conseil régional dans le cadre d’un appel à manifestation d’intérêt en faveur de la santé des femmes en Grand Est.
*La loi de financement de la sécurité sociale pour 2021 en fixe le cadre de l’expérimentation et, en 2022, le législateur renforce le droit à l’avortement.
À savoir
Avec 814 IVG réalisés en 2024, les Hôpitaux Champagne Sud portent 96% de l’activité d’IVG du territoire
Lancement officiel des travaux de la future Maison des Femmes
Ce vendredi 7 mars sont officiellement lancés les travaux de la future Maison des Femmes de Troyes. Porté par la Ville de Troyes dans le cadre du Plan d’Action Municipale “Troyes 2030”, avec l’appui du CH de Troyes, ce projet s’inscrit dans une démarche de coordination du parcours global des victimes de violences intra-familiales. Elle doit permettre aux victimes d’accéder à des offres de soins et des ressources sociales et judiciaires sur un lieu unique situé dans l’enceinte de l’hôpital Simone Veil, regroupant les acteurs (associations, police, justice) œuvrant déjà dans la lutte contre les violences conjugales.
Qu’est-ce qu’une Maison des Femmes ?
C'est une structure unique, identifiée, sécurisante, multipartenariale, qui accueille les femmes ayant besoin d’être entendues et/ou accompagnées, ainsi que les enfants, dans le cadre de violences intrafamiliales, sexuelles, sexistes, harcèlement, etc.
La prise en charge coordonnée des victimes comprend trois objectifs :
- un accompagnement socio-judiciaire (partenariat avec la police pour les plaintes ou entretiens, et partenariat avec la justice pour la permanence de juristes, avocats)
- une prise en charge médicale (consultation médicale, gynécologique)
- un accompagnement psychologique (entretien individuel, groupe de parole)
Pour cela, les personnes seront accueillies par des experts dans la prise en charge de victimes de violences.
Son fonctionnement
Quatre agents seront présents à l’ouverture :
- un coordinateur
- un agent chargé d’accueil
- un travailleur social
- un psychologue
L’installation de la Maison des Femmes au sein du CH de Troyes (dans l’ancien laboratoire des eaux, à proximité immédiate du bâtiment Bernadette Chirac dédié aux services du pôle femme, mère et enfant) permettra, si besoin, un accès direct au plateau technique de l’établissement, aux urgences spécialisées ainsi qu’à tous les services hospitaliers.
Les partenaires engagés et présents
- Solidarité Femme (soutien à la parentalité, accompagnement individuel des femmes victimes de violences conjugales)
- Association d’Aide aux Victimes, de Médiation et de Réinsertion Sociale - AVIM-RS 10 (accompagnement judiciaire en matière pénale)
- Centre d'Information sur les Droits des Femmes et des Familles - CIDFF 10 (accompagnement social et judiciaire et ordonnance de protection)
- Couples et Familles de l’Aube (accompagnement des responsables de violences intra-familiales pour lutter contre la récidive, accompagnement des familles...)
- Direction Départementale de l'Emploi, du Travail, des Solidarités et de la Protection des Populations (DDETSPP)
- Direction Départementale de la Police Nationale (DDPN)
Sous quelle forme ?
Mise à disposition d’agents d’accueil, de moyens de transports (bons taxi), aide à l’hébergement, informations et permanences juridiques (avocats), groupes de parole et d’échange, entretiens individuels, aide à l’insertion professionnelle...
Le calendrier prévisionnel des travaux
- Jusqu’au 18 avril 2025 : déménagement et nettoyage
- De fin avril à début novembre 2025 : travaux et aménagement intérieur (140 m2)
- Fin 2025 : ouverture de la Maison des Femmes
Coût total estimé travaux et aménagement : 573 700 €
Partenaires engagés
- Ville de Troyes 285 000 €
- Troyes Champagne Métropole 125 000 €
- Région Grand Est 120 000 €
- ARS Grand Est 43 700 €
Ils ont dit...
"La Maison des Femmes répondra aux besoins de problématiques liées aux violences faites aux femmes, en répondant aux dimensions psychologiques et sanitaires, tout en permettant aussi le dépôt de plainte sur un lieu unique. Le CH de Troyes est également un établissement extrêmement important en matière d'accès à l'IVG qui doit être possible pour toutes les femmes sur tous les territoires. C'est un centre de référence qui porte une expérimentation sur l'IVG instrumentale par des sages-femmes impliquées et formées, dans des conditions techniques et sanitaires optimales. Le niveau de technicité acquis ici pourra, à termes, être déployé sur l'ensemble du pays pour une garantie d'accès à l'IVG de 100% des femmes."
Yannick Neuder, Ministre de la Santé et de l'Accès aux soins
"Je suis heureux du lancement du projet de la Maison des Femmes et de son ouverture dès 2025. Nous avons accéléré sur ce projet car il y a un avant et un après-CODIV qui a révélé un fort taux de violences sous toutes leurs formes contre les femmes. Il vient en complément de la création d'une résidence pour l'accueil d'urgences pour des femmes et leurs enfants. Avec la direction de l'hôpital, le milieu associatif, nous pensons qu'il était important d'offrir ce lieu ici à l'hôpital Simone Veil. C'est une politique publique prioritaire pour mieux accompagner et protéger les femmes."
François Baroin, Maire de Troyes, Président du CMAS et du Conseil de surveillance du CH de Troyes
"La Maison des Femmes sera idéalement située, à mi-chemin entre les urgences et le pôle Femme, Mère, Enfant. Elle disposera d'un jardin fermé et réunira, dans un espace collectif, toute la palette possible de prise en charge grâce à l'ensemble des partenaires. L'hôpital est pleinement intégré sur notre territoire, avec un échange constant avec les nombreux partenaires et associations."
Damien Patriat, Directeur général des Hôpitaux Champagne Sud